Retraite Carême 2016 : Le combat de la confiance (Semaine 2)

Faisons-nous vraiment confiance à Dieu? Étymologiquement, confiance signifie « se fier, croire ensemble ». Si cette confiance en Dieu est notre premier désir spirituel, dans notre vie quotidienne concrète, cela reste assez souvent un vœu pieux. Bref paradoxalement, faire une totale confiance à Dieu nous semble à la fois indispensable et bien compliqué à mettre en œuvre… notre cœur est divisé!
L’histoire biblique nous enseigne que nous ne sommes pas seuls à avoir un « cœur partagé ». C’est précisément le reproche fait par Élie au peuple hébreu et c’est sur ce chemin de confiance et de conversion qu’il nous mène. Élie nous montre que la confiance n’est pas un état passif mais qu’au contraire c’est un véritable combat spirituel mené avec Dieu, pour obtenir la victoire. C’est cette même confiance que le Père nous demande d’avoir en son Fils dans l’Évangile de ce dimanche. Ainsi, laissons-nous convertir et gagner par cette confiance que Dieu nous donne en premier. Bonne semaine !

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Eclairage sur le contexte historique

  Le Carmel est un promontoire rocheux au nord-est de la Palestine, aux confins des royaumes d’Israël et de Tyr. Il est connu dès une haute antiquité sous le nom d’une divinité païenne. Il y avait là en effet un haut lieu de vénération du dieu Baal, comme l’indique le nom phénicien de rousha qadesh, « le cap sacré », porté par la montagne sur les listes de Toutmès III en 1479 avant J.-C. Ce lieu de culte païen est proche de la Phénicie, mais aussi de Yizréel. En hébreu, l’étymologie traditionnelle renvoie à la vigne ou au verger. Le lieu précis du sacrifice est El Muhraqua. C’est le point le plus élevé du promontoire. Situé vers l’angle sud-est, il permet de voir la mer. Une source permanente jaillit aux ¾ de la montée tandis que le Cison coule en contre-bas.

  Ce haut lieu avait été annexé au culte du Seigneur probablement, au temps de David ou de Salomon, lors de l’affermissement de la conquête. Plus tard, on y verra résider Élisée (2 R 4,25). Le peuple avait pris l’habitude d’y célébrer les néoménies et les sabbats (2 R 4,22). On ne sait pas si l’autel du Seigneur, construit au Carmel, a été démoli sur ordre de Jézabel, ou antérieurement, lors d’une poussée des Phéniciens vers la frontière.

  Les prophètes de Baal, comme ceux du Seigneur, vivaient en confréries. Tous ont été convoqués (v.20), mais ceux du Seigneur ne sont pas venus, soit parce qu’ils ont été massacrés, soit parce qu’ils n’osent plus paraître en public. La solitude d’Elie est évidente. Lui et ses rivaux accomplissent ici une fonction sacerdotale plus que prophétique en pratiquant un sacrifice, car les prêtres sont absents.

  Le sacrifice à Baal commence par des cris adressés à la divinité, puis les prophètes se livrent à une danse rituelle, qui consiste à plier le genou. Ce rite est bien connu de la Bible et des auteurs classiques. La cérémonie s’accompagne de mutilations et de vaticinations prophétiques. Isaïe (Is 28,7) dépeindra plus tard les inspirés ivres vomissant sur les tables des sacrifices. Le rite de la procession dansante est typique du culte de Melqart, qu’on appelait le baal de la danse et a pour but une extase. Les mutilations sont décrites (Os 7,14 ; Jr 16,6 ; 41,5 ; 47,5) et interdites (Dt 14,1 ; Lv 19,28) par la Bible, à l’occasion des rites funéraires.

  La satire d’Elie est en relation avec la croyance phénicienne : Baal est le Dieu du commerce et des voyageurs dont Tyr est la capitale. Il faut crier pour s’en faire entendre, car il est sans doute occupé par de multiples affaires ou bien en voyage pour ce peuple de commerçants. Ou bien encore le dieu dort comme le suggère Elie : « Il dort et il se réveillera. » La danse et les mutilations des prophètes avaient pour but de provoquer la résurrection de leur dieu supposé descendre aux enfers et en ressortir. Il existait aussi des invocations pour réveiller le dieu à travers le feu d’un bucher. Les prophètes redoublent alors leurs efforts en pratiquant les lacérations qui se faisaient en l’honneur de la mort du Baal.

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