Canonisation de Mariam de Jésus Crucifié : neuvaine (9-17 mai)

Image neuvaine Mariam HozanaLe 17 mai, le Pape a canonisé Mariam Baouardy (1846-1878), pont entre l’Orient et l’Occident. Cette neuvaine vous fera découvrir cette étonnante Carmélite palestinienne et prier pour la paix ! Les Carmélites de Terre Sainte nous invitent à nous réjouir avec elles :

« En elle, tout nous parle de Jésus », disait saint Jean-Paul II. Nous nous réjouissons que cette fleur de Terre Sainte soit donnée en exemple à l’Église universelle et particulièrement au Proche et Moyen-Orient. C’est une grande joie, un signe d’espérance et de soutien pour les chrétiens d’Orient !

Voici quelques photos de la canonisation où 5 frères se sont rendus !

Mariam, une vie extraordinaire et humble

Mariam Baouardy naît le 5 janvier 1845 à Abellin, petit village situé entre Nazareth et le Mont Carmel. Orpheline à 2 ans, elle est emmenée par l’un de ses oncles en Égypte. A 13 ans on veut la marier mais elle refuse et fait le vœu de se donner totalement au Seigneur. Elle doit alors s’enfuir et une vie d’errance commence pour elle. Ses pas l’amènent successivement à Alexandrie, Beyrouth, puis Marseille, où elle travaille comme domestique dans des familles chrétiennes. A 21 ans elle entre au Carmel de Pau et prend le Nom de Sœur Marie de Jésus Crucifié. Elle participe à la fondation du Carmel de Mangalore en Inde, puis de celui de Bethléemelle meurt à 32 ans.

Suivez cette neuvaine préparatoire à la canonisation de Mariam pour découvrir du 9 au 17 mai 2015 sa vie merveilleuse ! Le contenu de la neuvaine sera diffusé sur cette page ci-dessous, sur Hozana, Facebook et Twitter :

    • une partie de la biographie de Mariam pour la découvrir pas à pas
    • un court texte spirituel pour prier avec elle
    • un détail d’une icône qui sera dévoilée le dernier jour avec un montage musical de 3 minutes

Détail de la neuvaine

  • Samedi 9 mai : l’enfance en Galilée ; Jésus

01. enfanceCe détail de l’icône de Mariam symbolise différents moments de sa vie. On peut reconnaître ici la grotte de Bethléem qui évoque le pèlerinage de ses parents auprès de la Vierge pour avoir une fille !

Galilée : l’enfance

Mariam Baouardy est née le 5 janvier 1846, à Ibillin, un petit village de Galilée à mi-chemin entre Nazareth et Haïfa. Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d’enfant qui survive ; l’un après l’autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied à Bethléem pour aller prier à la crèche et demander à la Vierge Marie la grâce d’une fille. Mariam naît neuf mois plus tard. Elle est baptisée et confirmée selon la tradition gréco-catholique de sa famille.

L’année suivante, un petit frère, Boulos, vient ajouter à la joie de la famille. Mais Mariam n’a pas encore 3 ans lorsque son père meurt, puis quelques jours plus tard sa mère, emportée par la douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à St Joseph d’être désormais son père et de veiller sur elle. A bien des reprises cette prière sera exaucée. Boulos est adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s’installera à Alexandrie en y emmenant Mariam.

De ses années d’enfance en Galilée, il restera à Mariam tout à la fois l’émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu (cet émerveillement se reflètera plus tard dans les hymnes jaillies spontanément de son coeur au cours de certaines extases) et le sentiment profond que tout passe. Un petit incident la marque profondément : deux petits oiseaux meurent dans ses mains alors qu’elle entreprend de les laver énergiquement ; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu’elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : « Vois, c’est ainsi que tout passe ; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours. »

Texte de Mariam : « Jésus »

Quand Jésus regarde ses élus, son regard fait fondre le cœur. Oh ! ce regard ! Le Seigneur frappe à toutes les portes ; personne ne veut lui ouvrir ; il appelle, personne ne répond ; il attend, personne ne vient… Dédommagez-le ; ouvrez-lui votre cœur ; faites-le entrer dedans ; donnez-lui tout. Ne pensez qu’à lui, n’aimez que lui, faites tout pour lui…

Quand je vois Jésus, mon cœur est déchiré. Il a dit, ce Seigneur : Le Maître n’oublie pas sa servante, mais la servante oublie son Maître… Jésus n’est pas connu, Jésus n’est pas aimé !… Je voudrais être oiseau pour courir tout l’univers, pour crier : Vous seul, vous seul, mon Dieu !…

Il est doux d’entendre parler de Jésus, mais plus doux d’entendre Jésus lui-même… Il est doux de penser à Jésus, mais plus doux de le posséder… Il est doux de prêter l’oreille à Jésus, mais plus doux de faire sa volonté…

Aujourd’hui, je prends du temps pour redire à Jésus quelle place il a dans ma vie !

  • Dimanche 10 mai : le martyre à Alexandrie ; la Vierge Marie

02. martyreMariam a communié dans sa chair à la Passion de Jésus. Cela se vérifie dans son martyre à Alexandrie mais aussi dans la mystérieuse grâce de ses stigmates. Appel pour nous à prier en ce jours pour nos frères chrétiens persécutés aujourd’hui, surtout en Orient.

Alexandrie : le martyre

1858 : Mariam a 12 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie, quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur et refuse. Menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois de cette situation, elle va trouver un ancien serviteur de la maison pour tenter de transmettre une lettre à son frère resté en Galilée. En entendant le récit de ses souffrances, le serviteur qui est musulman l’exhorte à quitter les chrétiens et à embrasser sa religion. Mariam refuse. En colère, l’homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre. Nous sommes le 8 septembre 1858.

C’est alors que le surnaturel va faire irruption dans sa vie. Elle racontera plus tard qu’elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu’il lui a semblé entrer au Paradis, voir la Vierge, les saints et ses parents, la glorieuse Trinité… Mais son temps n’est pas encore venu, et elle se réveille dans une grotte, auprès d’une jeune femme qui ressemble à une religieuse habillée en bleu. Durant quatre semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l’instruit. Puis lorsqu’elle est guérie, celle qu’elle présentera plus tard comme la Vierge Marie elle-même, l’emmène dans une église et l’y laisse.

A partir de ce jour, elle va de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille…) comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu’elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet « univers invisible » auquel nous croyons sans le voir, et qu’elle a expérimenté tout au long de sa vie.

Texte de Mariam : la Vierge Marie

Je vais vous raconter mon oraison sur Marie : Vous étiez vierge dans le monde, ô Marie. Qui aurait pensé que vous seriez Mère de Dieu ? Vous êtes (devenue) la Mère de Dieu à cause de votre humilité.

L’ange du Seigneur se présente à Marie pour lui annoncer sa maternité divine. La Vierge, éclairée par la lumière puissante de Dieu, s’humilie en pensant que celui qui a créé le ciel et la terre va devenir son Fils. L’ange parlait à la Vierge-Mère ; et chaque fois que l’ange lui parlait, Marie s’humiliait. Ô Marie, que vous êtes humble et aimable dans votre humilité !

Marie était aussi un modèle de foi. Oh ! Que la foi de Marie était agréable au Père céleste ! Par sa foi, elle faisait grandir tous les jours Jésus en elle. Cette même foi, si nous l’avons, fera aussi grandir Jésus dans notre cœur. A cause de sa foi et de son humilité, Marie se sent indigne de devenir la Mère de Dieu. Sur la terre, les enfants ne peuvent pas naître sans une mère : ils entrent dans le monde par une femme. C’est par une femme aussi que nous entrons au ciel, et cette femme, c’est Marie. Depuis le péché, les hommes attendaient le Fruit de Marie, de cette Vierge douce, humble et sainte. Soyez bénie, Marie, soyez bénie !

  • Lundi 11 mai : sœur de saint Joseph à Marseille ; la foi

03. MarseilleIcône : le ruisseau

Ce ruisseau près de la grotte peut évoquer la figure, chère au Carmel, du Prophète Elie qui se retire près du Kerith (1Rois 17). Nous l’associons ici à la traversée de la Mediterrannée et l’arrivée en France de Mariam.

Marseille : les Sœurs de Saint Joseph

A Marseille, Mariam est mise en contact avec les Soeurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Elle a 19 ans et n’en paraît que 12 ou 13. Elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu’elle a vécu, mais elle est accueillie comme postulante, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais chaque semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle prend pour une maladie), et toute sorte de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, Mariam n’est pas admise à s’engager dans la congrégation.

Il se trouve alors qu’une sœur de St Joseph, mère Véronique, a demandé à entrer au Carmel mais doit attendre un peu au couvent de Marseille. Durant ce temps elle remplace la maîtresse des novices malade et fait ainsi la connaissance de Mariam qu’elle comprend et apprécie, si bien qu’elle lui propose de l’emmener au Carmel avec elle.

Texte de Mariam : LA Foi

Regardez Jésus qui descend sur l’autel pendant la messe ; il descend à la parole du prêtre. Croyez qu’il vient pour vous nourrir et que, avec lui, rien ne peut vous manquer. Il est là comme un tout petit enfant ; il y est pour vous ; allez à lui… La foi, qu’elle est belle, puissante ! Une âme qui a la foi peut tout faire, Dieu lui accorde tout

Considérez l’agneau ; voyez la foi qu’il a en son pasteur ; il marche près de lui avec confiance, il s’abandonne à ses soins, il va où il le conduit ; il s’arrête quand le pasteur s’arrête ; il garde sa laine ou il la donne comme le pasteur le veut ; il le suit le jour, il le suit la nuit. C’est ainsi que vous devez vous laisser conduire par votre Pasteur Jésus ; c’est ainsi que vous devez le suivre toujours par la foi, dans la nuit comme dans le jour ; c’est ainsi que vous devez être des vrais agneaux.

Si nous disions avec foi : Montagne, change de place, la montagne nous obéirait ; Terre, tremble, la terre tremblerait…

Ne vous arrêtez pas à l’extraordinaire. Si on vient vous dire : La sainte Vierge apparaît ici où là ; il y a telle âme extraordinaire en tel endroit, n’y allez pas. Si on dit : Il y a telle révélation, ne vous en occupez pas, ne vous en mettez pas en peine. Le Seigneur vous dit : Attachez-vous à la foi, à l’Église, à l’Évangile. Si vous allez voir et consulter ici et là l’extraordinaire, votre foi s’affaiblira. Je vous dis cela de la part du Seigneur. Si vous vous attachez à l’Église et à l’Évangile, il m’a dit qu’il sera toujours avec vous et ne vous quittera jamais.

  • Mardi 12 mai : carmélite à Pau ; l’humilité

04. carmelNous voyons ici Mariam avec le voile d’une carmélite : celui-ci est blanc et est le signe que Mariam a choisi d’être une sœur converse, occupée de services humbles dans la communauté.

Pau : le Carmel

Mariam y est reçue avec joie en juin 1867, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de tout ce qu’elle aura à traverser. Elle prend l’habit le mois suivant et reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se sentant toujours plus à l’aise dans le service des autres, et ayant du mal à réciter l’Office divin en raison de son ignorance de la lecture. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les coeurs. Cette parole, au sortir d’une extase, illustre son comportement : « Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez ; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous. » Elle n’est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités.

Don de prophétie, attaques du démon ou extases… parmi toutes les grâces divines dont elle est comblée, il y a la perception très forte de son néant en face de Dieu, et lorsqu’elle parle d’elle-même en s’appelant « le petit rien », c’est vraiment l’expression profonde de son être. C’est ce qui lui fait pénétrer l’insondable profondeur de la miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie. « L’humilité est heureuse d’être un rien, elle ne s’attache à rien, elle ne se fatigue jamais du rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout… Bienheureux les petits ! » Là est la source de son abandon au coeur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.

L’humilité

L’âme humble devient lumière ; elle vit dans la vérité ; elle arrive jusqu’à Dieu, et Dieu s’abaisse jusqu’à elle . L’humilité lui fait un chemin pour parvenir aux autres vertu. L’orgueilleux est comme le grain de froment jeté dans l’eau : il enfle, il grossit. Exposez ce grain au soleil, au feu : il sèche, il est brûlé. L’humble est comme le grain jeté en terre ; il descend, il se cache, il disparaît, il meurt, mais c’est pour reverdir au ciel.

Quand on cueille les olives, on le fait avec le plus grand soin ; on ramasse toutes celles qui tombent par terre, afin d’en extraire l’huile. Cherchez partout avec un soin égal des occasions de pratiquer l’humilité. L’huile donne la lumière ; l’humilité a la lumière de Dieu ; elle fait voir Dieu.

Considérez les abeilles ; elles voltigent de fleur en fleur, et elles entrent ensuite dans la ruche pour composer le miel. Imitez-les ; cueillez partout le suc de l’humilité. Le miel est doux ; l’humilité a le goût de Dieu ; elle fait goûter Dieu. Travaillez tous les jours à acquérir l’humilité. Lorsqu’on oublie d’arroser les arbres que l’on vient de planter, ces arbres meurent. Si vous oubliez de pratiquer tous les jours l’humilité, l’arbre de votre âme se dessèchera…

Il n’y a que l’amour qui peut remplir le cœur de l’homme . Le juste avec l’amour et une pincée de terre est rassasié ; mais le mauvais, avec tous les plaisirs, les honneurs, les richesses a toujours faim, toujours soif. Il n’est jamais rassasié. Au Ciel, les plus beaux arbres sont ceux qui ont le plus péché, mais ils se sont servis de leurs misères comme d’un fumier qui entoure le pied. Je demande au ciel, à la terre, à la mer, aux arbres, aux plantes, à toutes les créatures : « Où est Jésus ? ». Alors, toutes me répondent sur le même ton : « Dans un cœur droit et un esprit humilié ! »

Voyez le ver de terre ; à mesure qu’il s’enfonce, sa protection s’accroît . Par contre, s’il se montre, on l’écrase. le ver, quand la glace vient, la terre est sa chaleur ; quand c’est le soleil, la terre devient sa fraîcheur. Comprenez que l’humilité ne fait état de rien et est heureuse de tout. Elle possède la paix en ce monde et la joie dans l’autre.

  • Mercredi 13 mai : fondatrice en Inde ; l’Esprit Saint

05. esprit saintNous voyons ici la colombe de feu au-dessus de la tête de Mariam : c’est le signe de sa profonde docilité à l’Esprit Saint tout au long de sa vie !

En Inde : la fondation du Carmel de Mangalore

A l’issue de 3 ans passés au Carmel de Pau, en 1870, Mariam est envoyée avec un petit groupe fonder le premier monastère de carmélites en Inde, à Mangalore. Le voyage en bateau jusque-là est toute une aventure, et trois sœurs meurent avant d’arriver. Malgré tout, on peut inaugurer la vie cloîtrée à la fin de l’année, et au printemps suivant plusieurs soeurs arrivent de France en renfort. Les expériences extraordinaires de Mariam continuent sans l’empêcher pour autant d’affronter les travaux les plus lourds et les troubles toujours liés à une nouvelle fondation dont elle est d’ailleurs vraiment l’âme. Durant ses extases, tantôt on la voit avec un visage rayonnant à la cuisine ou ailleurs ; tantôt elle participe en esprit à ce qui se passe dans l’Église ; tantôt le démon semble prendre possession d’elle, lui faisant vivre de terribles tourments et combats. Elle émet ses voeux au terme de son noviciat le 21 novembre 1871, mais des incompréhensions commencent à naître autour d’elle, mettant en doute l’authenticité de ce qu’elle vit, et les tensions créées dans son entourage finissent par provoquer son renvoi au Carmel de Pau en 1872.

Texte de Mariam : L’Esprit Saint

Ce matin, j’étais peinée, parce que je ne sentais pas Dieu. Il me semblait que mon cœur était comme du fer. Je ne pouvais pas penser à Dieu ; et j’ai invoqué le Saint-Esprit, et j’ai dit : « C’est vous qui nous faites connaître Jésus. Les apôtres sont restés longtemps avec lui sans le comprendre. Vous me le ferez comprendre aussi. Venez, ma consolation ; venez, ma joie ; venez, ma paix, ma force, ma lumière. Venez, éclairez-moi pour trouver la source où je dois me désaltérer. Une goutte de vous me suffit pour me montrer Jésus tel qu’il est. Jésus a dit que vous iriez aux ignorants ; je suis la première des ignorantes. Je ne vous demande ni d’autre science ni d’autre sagesse que la science de trouver Jésus et la sagesse de le conserver. »

Et j’ai senti le feu un peu allumé dans mon cœur. L’Esprit-Saint ne me refuse rien.

Esprit-Saint, inspirez-moi ;

Amour de Dieu, consumez-moi ;

Au vrai chemin conduisez-moi ;

Marie, ma Mère, regardez-moi ;

Avec Jésus, bénissez-moi ;

De tout mal, de toute illusion,

De tout danger préservez-moi.

Le monde et les communautés religieuses cherchent des nouveautés dans les dévotions et négligent la véritable dévotion au Paraclet. C’est pour cela qu’il y a l’erreur, la désunion, et qu’il n’y a pas la paix et la lumière. On n’appelle pas la lumière comme elle devrait être appelée ; et c’est elle qui fait connaître la vérité

Source de paix, lumière, venez m’éclairer. J’ai faim, venez me nourrir ; j’ai soif, venez me désaltérer ; je suis aveugle, venez m’enrichir ; je suis ignorante, venez m’instruire. Esprit-Saint, je m’abandonne à vous…

  • Jeudi 14 mai : retour à Pau ; ‘réveiller l’univers’

06. PauLa personne de Mariam se dévoile à nous au fur-et-à-mesure de son histoire simple et singulière à la fois, ordinaire et extraordinaire!

Retour à Pau

Là, Mariam retrouve sa vie simple de converse au milieu de l’affection de ses sœurs, et son âme se dilate. Lors de certaines extases, alors qu’elle est presque illettrée, elle improvise dans l’élan de sa reconnaissance envers Dieu des poésies d’une grande beauté, pleines de fraîcheur et d’un charme tout oriental, où la création entière chante son Créateur ; ou bien, en un clin d’œil, la voici attirée au sommet d’un arbre, sur une branche qui ne supporterait pas même un oiseau, par l’élan de son âme vers le Seigneur… Elle est alors comme un témoin de cet univers transfiguré décrit par le prophète Isaïe (le loup habitera avec l’agneau…), ou par l’auteur de l’Apocalypse (la Femme qui a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles…)

Nombreux sont ceux qui viennent chercher auprès d’elle réconfort, conseils, prières, et qui repartent éclairés, fortifiés par sa rencontre. Peu après son retour de Mangalore, elle commence à parler de la fondation d’un Carmel à Bethléem. Les obstacles sont nombreux, mais se lèvent progressivement, parfois contre toute attente. Une bienfaitrice, Berthe Dartigaux, lui sera toute dévouée. Son confesseur, le Père Estrate, de la congrégation de Bétharram, l’encourage et la soutiendra jusqu’au bout.

Texte de Mariam : Allons réveiller l’univers !

Je ne puis me contenir : j’ai une paix, une joie si grandes ! Je suis en Dieu et Dieu est en moi. Je sens que toutes les créatures , les arbres , les fleurs , sont à Dieu et aussi à moi… Je voudrais un cœur plus grand que l’univers !

Tout le monde dort . Et Dieu si rempli de bonté , si grand , si digne de louanges , on l’oublie !..Personne ne pense à lui !… Vois, la nature le loue ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue ; et l’homme qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer il dort !

Allons, allons réveiller l’univers…

A l’Amour, mon Amour !

Venez, ô rois de la terre,

Venez , adorons-le.

Je chante les grandeurs,

La puissance de notre Créateur ;

Venez , adorons-le.

Car nous sommes l’ouvrage de ses mains,

Le prix de son sang :

Venez, adorons-le.

Il n’y a pas un Dieu semblable à lui :

Venez, adorons-le

Ne vous arrêtez pas à ce qui est de la terre,

Car tout est néant.

Venez, adorons-le.

  • Vendredi 15 mai : la Terre Sainte ; l’amour du prochain

Le détail de l’icône représente le Carmel de Bethléem fondé par Mariam, avec son mur d’enceinte et l’évocation de la tour de David.

Bethléem, Nazareth, Emmaüs, et son entrée au Ciel

Enfin, l’autorisation est donnée par Rome de fonder un Carmel à Bethléem, et le 20 août 1875 un petit groupe de carmélites part pour la Terre Sainte. Le Seigneur lui-même guide Mariam pour le lieu et la construction. Comme elle est seule à parler l’arabe, elle est plus particulièrement chargée de suivre les travaux : « plongée dans le sable et la chaux », elle s’attire vite la sympathie des ouvriers ; la communauté peut venir habiter le monastère dès le 21 novembre 1876, pendant que les travaux se poursuivent.

Mariam se préoccupe aussi de la fondation d’un Carmel à Nazareth, où elle se rend pour l’acquisition d’un terrain en août 1878. C’est au cours de ce voyage que lui est révélé le lieu d’Emmaüs, qu’elle fait acheter par Berthe Dartigaux pour le Carmel. De retour à Bethléem, elle reprend la surveillance des travaux sous une chaleur étouffante. En portant à boire aux ouvriers, elle tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrène va s’y installer très rapidement et Mariam meurt en quelques jours, le 26 août 1878, à 32 ans. Elle fut béatifiée le 13 novembre 1983 par saint Jean-Paul II.

Texte de Mariam : l’amour du prochain

« Si tu aimes le prochain, c’est à ce point que je connais que tu m’aimes. Si tu ne l’aimes pas, c’est à cela que je connais que tu ne m’aimes pas ».

Chaque fois que tu regardes dans le prochain la créature sans Jésus, tu tombes bien bas. Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien à votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez ; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous. Souvenez-vous-en…

Quand vous voyez une déchirure à l’habit d’une autre, ne déchirez pas davantage ; mais coupez un morceau de votre habit pour raccommoder le trou… Je vous le dis et je vous le répète, déchirez votre habit pour couvrir votre prochain : Jésus vous revêtira de la robe nuptiale.

Pensez à la colombe : Elle ôte la nourriture de sa bouche pour la donner à ses petits. C’est ainsi que vous devez être charitable pour toutes vos Sœurs : oubliez-vous, privez-vous pour les autres. Si vous agissez de la sorte, Dieu le regardera comme fait à lui-même. Regardez les poissons dans la mer : ils vont ensemble par troupes innombrables. Marchez ainsi ensemble par la charité. Regardez les étoiles : considérez comme elles brillent et comme elles unissent leur éclat, afin de produire toutes ensemble une grande lumière. Produisez ainsi toutes ensemble, en étant parfaitement unies, une grande lumière d’édification. Voyez les enfants qui viennent de naître : on les nourrit avec du lait ; ils grandissent peu à peu par la charité que l’on exerce à leur égard ; ensuite ils mangent pour grandir davantage, pour pourvoir marcher. Par la charité, vous devez vous nourrir les unes les autres, vous soulager et vous fortifier mutuellement. La charité, c’est le manteau qui couvre tout.

  • Samedi 16 mai : Mariam, patronne de la paix

08. mariam seuleL’expérience spirituelle de Mariam et son message sont un appel constant à la charité, à la réconciliation et à la paix. De manière autant concrète que profondément spirituelle, elle invite les croyants, et particulièrement tous les chrétiens, à s’engager pleinement pour la paix et la réconciliation entre les peuples et les communautés.

 L’expérience de Mariam nous enseigne que la paix se fonde sur un enracinement profond dans le Seigneur, source de toute paix. « Quand vous voyez une déchirure à l’habit d’une autre, ne déchirez pas davantage; mais coupez un morceau de votre habit pour raccommoder le trou… Je vous le dis et je vous le répète, déchirez votre habit pour couvrir votre prochain. Jésus vous revêtira de la robe nuptiale. Au lieu de chercher à rouvrir la plaie en y jetant du vinaigre, il faut au contraire chercher à l’adoucir et à la fermer avec l’huile de la charité. » Ces paroles de Mariam témoignent d’une charité pratique qui est semence de paix et de réconciliation.

Sa vie nous découvre trois dimensions de la réconciliation, chemin vers la paix intérieure et communautaire :

    • une réconciliation avec son histoire personnelle : Mariam est une jeune femme blessée par les épreuves de la vie (orpheline très jeune, rejetée par sa famille à cause de son refus de se marier, persécutée pour sa foi, prise pour folle et possédée dans la vie religieuse, en recherche de son frère qu’elle n’a jamais retrouvé…). Elle aurait pu se perdre dans la souffrance ou des compensations diverses ; elle s’est abandonnée à l’Esprit Saint qui l’a rendue transparente et rayonnante.
    •  une expérience d’unité de l’Eglise : Son expérience ecclésiale à la croisée de divers rites et de différentes Eglises nous montre combien l’unité est possible si on cherche l’essentiel, la charité puisée dans la foi au Christ unique Pasteur de l’Eglise.
    •  un appel au vivre-ensemble entre croyants de diverses religions : « Par son expérience personnelle Mariam est signe d’unité entre les chrétiens d’Orient et d’Occident ; de même sa personnalité et son appartenance à l’Ordre du Carmel la posent comme point de rencontre entre islam, judaïsme et christianisme. (…) Le 13 novembre 1983, Sa Sainteté Jean-Paul II a affirmé que Mariam, « appartenant par la race, par le rite, par sa vocation et par ses pérégrinations, aux peuples de l’Orient dont elle est d’une certaine façon représentante, est comme un don pour l’Eglise universelle et pour ceux qui, dans les tristes conditions de luttes et de sang où ils se trouvent ont recours spécialement à sa fraternelle intercession avec une grande confiance dans le cœur, dans l’espoir que grâce à ses prières on pourra finalement établir la paix et la concorde sur cette terre où ‘‘le Verbe s’est fait chair’’. » (Mgr Sotir Ferrara, Evêque grec-melkite de Piana degli Albanesi, Italie, homélie)
  • Dimanche 17 mai : Icône de Sainte Mariam de Jésus Crucifié

En ce jour de la canonisation de sainte Mariam de Jésus Crucifié, dimanche 17 mai 2015, nous sommes heureux de vous offrir cette vidéo inédite et vous invitons à rendre grâces pour la vie de cette carmélite ! Cliquez ici !

Cette neuvaine nous permettra de nous associer à nos frères d’Orient, particulièrement à notre Couvent de Bagdad.

En savoir plus sur Mariam de Jésus Crucifié (vie, message, bibilographie)

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