Béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

Avignon, le 19 novembre 2016 : Béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

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Henri Grialou, plus connu sous son nom de Carme déchaux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus est né le 2 décembre 1894 et entra dans la Vie le 27 mars 1967 à Vénasque dans le Vaucluse. Ce Carme a fondé en 1932 l’Institut Notre-Dame de Vie.

Prédicateur, directeur spirituel, grand interprète des maitres du carmel, auteur d’une somme de théologie spirituelle « Je veux voir Dieu », il s’était donné pour mission de « conduire à Dieu ». « Toute ma vie, expliquait-il, a été basée sur la découverte de l’Esprit Saint ». Il disait aussi avoir compris la miséricorde :

« sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus en a senti la douceur, j’en sens la puissance ».

Son procès de béatification a été ouvert en 1985. Le 19 décembre 2011, le pape Benoît XVI a reconnu les vertus héroïques du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, faisant de lui un vénérable, ultime étape avant la procédure de béatification.

Dans les années 80, un nourrisson est opéré de nombreuses fois, il est mourant, une de ses tantes prie et implore le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. À ce moment, le bébé se met à pleurer et, selon les médecins, reprend vie. Le 1er décembre 2015, une commission de médecins a attribué cette guérison inexpliquée au Père Marie-Eugène.

Le 25 février 2016, la dépouille du Père Marie-Eugène est exhumée en présence de ses proches, de membres de l’Institut Notre-Dame de Vie, de Carmes et de Mgr Jean-Pierre Cattenoz pour constater l’état de la dépouille. Le 4 mars 2016, la béatification est annoncée !

Témoignage d’un frère présent à la béatification : 

Que dire et que raconter face à tant de grâces ? Cette célébration de la béatification du Père Marie Eugène de l’Enfant Jésus à Avignon le 19 novembre fut un moment fort à multiples niveaux. D’abord redécouvrir avec d’autres la joie de fêter de nouveau bienheureux qui fut à l’origine de ma vocation au Carmel fut la première grâce. Ensuite, La deuxième grâce fut que la messe fut célébrée en l’honneur de Marie, Mère de Miséricorde : un petit clin-Dieu !

A cette célébration où membres du Carmel (frères, sœurs, congrégations carmélitaines, Institut Notre Dame de Vie) et membres de l’Eglise (prêtres, diacres, évêques) étaient fortement représentées (environ 300 prêtres et 30 évêques), venant de différentes nationalités, la joie très carmélitaine, à la fois belle et simple, transparaissait dans les 10000 personnes présentes. Le cardinal préfet de la congrégation pour la cause des saints nous a fait la joie d’une homélie simple et belle, à l’image du Père Marie Eugène, « homme de prière, s’abandonnant à la Providence divine et vivant la joie ». Le temps qui a suivi fut l’occasion pour moi de vivre de belles rencontres fraternelles où j’ai découvert combien le Père Marie Eugène conduit les âmes à Dieu pour ceux qui savent prendre l’Esprit comme véritable ami.

L’après-midi, des jeunes ont mis en scène une très belle comédie musicale sur le Père Marie Eugène (PME) avec comme thème de fond l’amitié avec l’Esprit Saint. Deux bandes rivales s’affrontent pour la conquête d’un territoire (les Superficials et les Darks Spirit). Le Père Marie Eugène, aux différents moments de sa vie, tente de réconcilier ces deux bandes pour leur faire rencontrer son ami « l’Esprit Saint ». L’essentiel n’est pas d’avoir beaucoup d’amis mais d’avoir un ami avec qui l’on vit une haute fidélité.

Je retiens donc de cette béatification (en attendant la canonisation) du Père Marie-Eugène 3 grandes grâces : 1) malgré la perte de la foi dans notre société, il reste toujours des âmes qui se laissent transformer par Dieu, vivant une foi créative et risquée dans la fidélité. 2) vivre notre marche vers Dieu en prenant chaque jour comme ami l’Esprit Saint qui nous travaille et nous transforme. 3) toujours revenir aux figures qui sont à l’origine de notre appel au Christ pour y découvrir dans notre quotidien une fécondité renouvelée par l’action sanctificatrice de l’Esprit Saint.

Par cette béatification, que le bienheureux Père Marie-Eugène éclaire l’Eglise et le Carmel à toujours se laisser surprendre par les chemins visibles et invisibles de l’Esprit, si nous savons le prendre comme véritable ami. Comme le disait le Père Marie-Eugène, « l’Esprit Saint m’a beaucoup contrarié, mais en mieux » !

Frère Jean-Baptiste de Marie, Mère de Miséricorde

Photos de la béatification : © Photo Frédéric Renard


A cette occasion, des propositions spirituelles vous sont faites :

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